C'est la dernière. La dernière semaine de notre vie à 3. C'est figé, fixé. La dernière semaine sans "Elle". Dans cinq dodos nous serons quatre, et dans cinq dodos je serais de nouveau maman. Ce sera la fin d'une drôle et épuisante aventure, qui me laisse un goût de non-achevé, un goût de trop peu, un goût de trop vite. Cette grossesse pathologique, cette épée de Damoclès, cette peur de tous les jours, ces gestes intrusifs, ils auront disparus pour de bon.

Comme c'est étrange ce sentiment de vouloir grappiller encore du temps avec Paul. Je compte les jours et les heures qui nous séparent de l'arrivée de la petite soeur tant attendue. Et, j'observe Paul, avec cette pointe de culpabilité au fin fond de mon coeur. C'est dur d'être maman. De vivre avec ce sentiment de lui avoir imposé tellement de choses ces derniers mois. D'avoir été si peu présente.

Et puis mon Dieu ce qu'il est grand. Déjà. Pourquoi je n'ai rien vu? Plus en ce moment qu'à l'accoutumée, j'observe, je détaille, je scrute chaque parcelles de son petit visage de presque troiz'ans, ses petites joues pâles, ses yeux si foncés, ce sont les miens, tiens! ses petites dents toutes blanches et si bien rangées, ses cheveux blonds si fins, ses petits doigts potelés, sa répartie et ses prises de positions qui nous font tellement rire... J'ai l'impression de n'y avoir jamais fait attention auparavant. 

J'ai peur qu'il me manque mon presque troiz'ans. Peur de ce temps qui va me manquer pour lui, peur de ces choses que je devrais mettre entre parenthèses, au moins pendant les premiers mois de Mademoiz'elle... Mais je suis tellement impatiente!! Impatiente d'accueuillir notre fille, de les serrer fort contre moi, de les voir apprendre à se connaître et à s'aimer, de passer des heures à les regarder, d'apprendre et de grandir à leurs cotés. Je suis tellement impatiente de découvrir mes enfants, de traverser les années avec eux, de rire et de danser sous la pluie, de s'aimer toujours plus fort, de s'écouter,  se respecter, se comprendre et se pardonner... 

Parce qu'au delà des questions existentielles autour de la maternité, j'ai une chance inouïe, celle de pouvoir avancer en me questionnant toujours un peu plus. Et même si mon cerveau est toujours tout plein de noeuds, j'avance avec cette sensation de grandir chaque jour un peu plus. Et je peux affirmer aujourd'hui que mon existence à vraiment commencé, le jour ou ils ont semé la plus jolie des révolutions dans ma vie! 

petits pieds

 

C'était ma minute chamallow... Est-ce que ça à beaucoup changé votre vie l'arrivée de votre petit(e) deuz'? En quoi et comment vous êtes-vous réapproprié votre quotidien avec une petite bouille de plus? Et la fratrie dans tout ça?